Qu'est qu'un évangéliste ?

Billy Graham, aujourd’hui âgé de 90 ans, a marqué des générations d’évangélistes. Au cours de son long et fructueux ministère il a annoncé l’Évangile à plus de 100 millions de personnes. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes ont été sauvées grâce à son ministère. Il a aussi beaucoup contribué, notamment à travers ses conférences pour évangélistes, au développement de ce ministère. En août 2000 j’ai eu l’opportunité et le privilège de participer à la dernière grande conférence pour évangélistes à Amsterdam. Nous étions plus de 11.000. Un événement qui reste gravé dans mon cœur et ma mémoire ! Dans un de ses livres, « l’appel de l’évangéliste », le Dr Billy Graham propose la définition suivante : « un évangéliste est une personne avec un don particulier et une vocation spéciale du Saint-Esprit pour annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile ».

 

Maurice Ray a exercé un ministère d’évangéliste, de pasteur et d’enseignant reconnu par l’ensemble du monde protestant évangélique et richement béni en Suisse, en France et francophonie. Dans sa théologie pratique il dit de l’évangéliste : « le sens étymologique laisse entendre ce qu’est sa mission : il prêche l’Évangile. L’apôtre et le prophète le font également. » Maurice Ray précise « que l’évangéliste met en lumière et limite sa prédication à un aspect précis du message : le salut par grâce et son résultat attendu : la repentance et la foi ou selon d’autres expressions connues : la conversion, la régénération, la nouvelle naissance. » Il remarque encore : « que l’évangéliste apporte tout l’Évangile, mais il a reçu un charisme particulier du Seigneur pour faire connaître le plan du Salut. Il explicite aussi la vie nouvelle en Christ. »

 

La dernière définition que je vous propose est tirée du congrès de l’évangélisation qui a eu lieu en 1913 à Paris. Alors professeur à la Faculté de théologie de Paris, Henri Monnier explique que l’évangéliste : « est une espèce d’apôtre, c’est un disciple, un collaborateur des apôtres, institué par eux-mêmes. Timothée tenait ce rôle auprès de Paul. Ce qui caractérisait l’évangéliste, c’était l’itinérance : il était le propagandiste de la foi évangélique. Par là même, il se trouvait occuper, dans cette hiérarchie des dons spirituels, un rang supérieur à celui de pasteur et du docteur. »

 

Du côté du Nouveau Testament…

Plongeons-nous maintenant dans les pages du Nouveau Testament. Le mot grec « euaggelistes », évangéliste, signifie annoncer la Bonne Nouvelle. Des études révèlent que le mot évangéliste n’existe pas dans la littérature grecque profane. Ce terme, « euaggelistes », n’est utilisé que 3 fois dans le Nouveau Testament.
La première occurrence se trouve en Éphésiens : « Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs ». La seconde dans le livre des Actes des Apôtres : « Repartis le lendemain, nous avons gagné Césarée où nous nous sommes rendus à la maison de Philippe l’évangéliste. » Et la troisième et dernière, nous la trouvons dans une des épîtres pastorales. Timothée reçoit de Paul l’instruction de faire : « l’œuvre d’un évangéliste ».

 

Philippe, le diacre, et Timothée, illustrent l’œuvre d’un évangéliste. En Actes 8 il nous est dit que « Philippe annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » Et dans la première aux Thessaloniciens Paul appelle Timothée « notre frère, ouvrier avec Dieu pour l’Evangile du Christ ». L’évangéliste est donc une personne qui annonce la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ aux inconvertis et les invite à mettre leur confiance en Christ pour être sauvé.

 

Évangéliste, évangélisation ?

A côté du mot évangéliste, on trouve aussi dans le Nouveau Testament d’autres termes tels que « Évangile », « prêcher » et autres qui se rapportent à l’évangélisation. Le terme évangélisation recouvre, lui, tous les efforts entrepris pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Toujours selon les Écritures, l’évangéliste, comme chaque chrétien, est un témoin. Mais il est beaucoup plus que cela. Certes, chaque chrétien est appelé à rendre témoignage de sa foi et à raconter comment le message de l’Évangile a transformé sa vie. Par contre, tout chrétien n’est pas appelé à être évangéliste. Cela ne viendrait à l’idée de personne d’affirmer que nous sommes tous apôtre, pasteur, prophète ou docteur ! Alors comment se fait-il que certains déclarent que chaque chrétien est appelé à être évangéliste ? N’y aurait-il pas une confusion entre évangélisation et évangéliste ?

 

L’évangéliste est un témoin. Mais il est plus que cela. Il a reçu de Dieu un don. « Dieu a donné… des évangélistes » . Son ministère vient directement du Dieu d’amour et de grâce. A propos du don d’évangéliste Billy Graham écrit : « le don d’évangéliste est tout aussi important que celui de docteur ou de pasteur. Il est tout aussi valable aujourd’hui que dans les premières décennies de l’Église chrétienne. L’un des plus grands besoins de l’Église dans le monde entier est de reconnaître la légitimité et l’importance du don et de la vocation d’évangéliste. »

 

En quoi consiste son ministère ?

A annoncer le Message de l’Évangile. Par différents moyens comme la prédication, le chant, Internet et autres, à différents publics. Mais son ministère ne se limite pas à la seule annonce de l’Évangile. Il est aussi en mesure d’aider des personnes à cheminer spirituellement, à les conduire à Christ, et à faire le nécessaire pour qu’elles grandissent dans leur vie nouvelle. Le ministère de l’évangéliste se résume par ces 3 verbes : semer, moissonner et former.

 

L’évangéliste est un semeur. A la suite de l’apôtre Paul, des disciples de Jésus, il sème le message de vie afin d’aider ses auditeurs à grandir dans leur compréhension du Dieu de la Bible et à se rapprocher de la personne du Christ. Cet aspect du ministère est le travail le plus ingrat. Le plus difficile. Pourtant quelle joie lorsque l’évangéliste voit une personne ou un groupe de personnes cheminer spirituellement et se rapprocher du Sauveur !

 

L’évangéliste est aussi un moissonneur. Il aide des hommes et des femmes à naître spirituellement. A entrer dans le royaume de Dieu. A passer de la mort à la vie. Des ténèbres à la lumière. C’est un gagneur d’âmes ! C’est là une des grandes spécificités de son ministère. L’évangéliste Philippe dont il est question dans le livre des Actes était un moissonneur. En Actes 8 il conduit l’Eunuque Éthiopien ainsi que des centaines de Samaritains à Christ. Jésus, ses disciples, l’apôtre Paul et ses nombreux collaborateurs ont également été des moissonneurs. Et quels moissonneurs ! Ils ont conduit des dizaines de milliers de personnes à la foi en Jésus.

 

L’évangéliste est encore un formateur. Un enseignant. Son objectif n’est pas seulement de faire des convertis, mais des disciples. Autrement dit, des personnes qui suivent l’enseignement de Jésus. Le mettent en pratique. N’est-ce pas Jésus lui-même qui a demandé de faire « de toutes les nations des disciples» ? Remarquez aussi que parmi les trois versets du Nouveau Testament où le terme évangéliste apparaît, deux versets soulignent cet aspect. Il s’agit d’Éphésiens 4 « Et les dons qu’il a faits, ce sont… des évangélistes… afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère ». Dans ce passage l’évangéliste apparaît au milieu d’autres ministères de la parole au sein de l’Église. L’autre passage se trouve en 2 Timothée 4 « Toi sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l’œuvre d’un évangéliste, remplis bien ton ministère. » L’œuvre d’évangéliste que Timothée doit accomplir est d’annoncer la parole au sein de l’Eglise. Nous pouvons donc en déduire que le travail de suite et l’enseignement des nouveaux croyants font partie intégrante de l’œuvre de l’évangéliste.

 

Pour résumer…

Ces remarques sur ce qu’est un évangéliste mettent en relief trois éléments d’une importance capitale :

  1. L’évangéliste se consacre exclusivement à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Il a reçu un don et une onction particulière pour remplir sa tâche.
  2. Il accomplit un véritable ministère. Il n’est pas inférieur ou moins important qu’un ministère de pasteur, d’enseignant de docteur ou autre. Son service ou ministère est indispensable à l’Église. Sans ministères d’évangélistes le corps de Christ stagne, se flétrit, s’appauvrit et dépérit progressivement.
  3. Son ministère peut comporter de nombreuses facettes. Il sème, moissonne et forme.

 

Emmanuel Maennlein

 

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